Géométrie du plan complexe

Géométrie du plan complexe


Voici un cours sur la géométrie du plan complexe avec des figures et des exercices interactifs. Avant de l'aborder, il serait bon de maîtriser le contenu et les exercices du cours Nombres complexes . Pour l'étude des isométries, il est utile de se référer au document Isométries du plan .
Version pdf de ce cours avec liens vers les exercices.
Avertissement
Ce cours est une partie de l'option de géométrie enseignée de 2013 à 2015 au premier semestre de la première année de licence MPI à la Faculté des Sciences d'Orsay de l'université Paris Sud. Il s'agissait de pallier l'absence des transformations au Lycée.

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I Géométrie du plan complexe

II Ecriture complexe d'une transformation

III Isométries du plan complexe

IV Homothétie

V Similitudes

VI Etude des similitudes qui ne sont pas des isométries

VII Composition des similitudes

VIII Propriétés des similitudes

I Géométrie du plan complexe

Géométrie du plan complexe → I Géométrie du plan complexe
Dans cette partie, on complète les propriétés géométriques des affixes vues dans le document Nombres complexes .

I-1 Affixe d'un vecteur, angle orienté de deux vecteurs

I-2 Applications à l'étude de lieux

Géométrie du plan complexe → I Géométrie du plan complexe

I-1 Affixe d'un vecteur, angle orienté de deux vecteurs

Géométrie du plan complexeI Géométrie du plan complexe → I-1 Affixe d'un vecteur, angle orienté de deux vecteurs

Définition

Dans le plan orienté par un repère orthonormé (O,u,v), on considère un vecteur w de composantes (x,y) ; on appelle affixe du vecteur w le nombre complexe ω=x+iy.
En particulier, l'affixe de M est égal à celui de OM. L'affixe du vecteur AB est z Bz A quand A et B sont des points d'affixes respectives z A et z B.

Proposition

Soient w et w deux vecteurs non nuls d'affixes respectives z et z. L'angle orienté (w,w) a pour mesure l'argument de zz=Arg(z)Arg(z).
Pour A et B deux points distincts d'affixes respectives z A et z B et C et D deux points distincts d'affixes respectives z C et z D, l'angle orienté (AB,CD) a pour mesure l'argument de z Dz Cz Bz A.

Démonstration
Par relation de Chasles, on a
(w,w)=(u,w)(u,w)=Arg(z)Arg(z)=Arg(zz).
La formule est démontrée et s'applique à (AB,CD) pour donner :
(AB,CD)=Arg(z Dz Cz Bz A)
Fin de la démonstration

Exercice

Angle et quotient de complexes
Géométrie du plan complexeI Géométrie du plan complexe → I-1 Affixe d'un vecteur, angle orienté de deux vecteurs

I-2 Applications à l'étude de lieux

Géométrie du plan complexeI Géométrie du plan complexe → I-2 Applications à l'étude de lieux
Ces descriptions sont des applications directes des propriétés du module et de l'argument d'un nombre complexes.
Soient A, B et M des points d'affixes respectives a, b et m.
  1. L'ensemble des points M vérifiant ma=mb est la médiatrice de [AB], ensemble des points équidistants de A et B.
  2. L'ensemble des points M vérifiant ma=ab est le cercle centré en A passant par B.
  3. L'ensemble des points M vérifiant m<1 est le disque unité ouvert (c'est-à-dire le disque sans le cercle unité).
  4. L'ensemble des points M vérifiant m1 est le disque unité fermé (c'est-à-dire avec le cercle unité).
  5. L'ensemble des points M vérifiant m+m¯=1 ne contient pas O donc on peut poser m=re iθ ; la condition s'écrit alors 2rcos(θ)=1. L'ensemble des points M vérifiant m+m¯=1 est la droite x=12.
  6. L'ensemble des points M vérifiant mm¯=i ne contient pas O donc on peut poser m=re iθ ; la condition s'écrit alors 2rsin(θ)=1. L'ensemble des points M vérifiant mm¯=i est la droite y=12.
  7. Les points M tel que mamb soit égal à ±i sont les intersections du cercle de diamètre [AB] et de la médiatrice de [AB] en effet le triangle ABM est rectangle isocèle en M.
  8. Les points M tel que mamb soit un imaginaire pur sont les points différents de B du cercle de diamètre [AB] en effet le triangle ABM est rectangle en M.

Exercices

Déterminer le troisième sommet d'un triangle.
  • Triangle isocèle (1)
  • Triangle isocèle (2)
  • Triangle équilatéral
Géométrie du plan complexeI Géométrie du plan complexe → I-2 Applications à l'étude de lieux

II Ecriture complexe d'une transformation

Géométrie du plan complexe → II Ecriture complexe d'une transformation
Un point dans le plan avec un repère orthonormé (O,u,v) peut être déterminé par ses coordonnées (x,y) ou son affixe z=x+iy. Ainsi on peut définir une transformation en donnant pour chaque point les coordonnées de son image ou son affixe.

Définition

Soient deux nombres complexes a (non nul) et b. On s'intéresse aux transformations R a,b et S a,b définies pour z par :
R a,b(z)=az+betS a,b(z)=az¯+b

II-1 Exemples

II-2 Propriétés générales

Géométrie du plan complexe → II Ecriture complexe d'une transformation

II-1 Exemples

Les transformations présentées ici sont définies dans le document Isométries du plan sauf l'homothétie (voir ici ).
On considère M et M d'affixes respectifs z et z.
  • La transformation R 1,b est la translation de vecteur b d'affixe b. En effet, de z=z+b, on tire : MM=b puisque zz est l'affixe de MM.
  • La transformation R 1,2c est la symétrie centrale de centre C d'affixe c. en effet, de z=z+2c, on tire c=z+z2 donc C est le milieu de [MM].
  • Pour λ réel, non nul et différent de 1, et c, R λ,c(1λ) est l'homothétie de centre C d'affixe c et de rapport λ. En effet, pour M=h(C,λ)(M), on a : zc=λ(zc).
  • Pour θ0, l'image de M par la rotation de centre C d'affixe c et d'angle θ est le point M dont l'affixe vérifie :
    zc=e iθ(zc)
  • La transformation S 1,0 est la réflexion d'axe y=0 : z=z¯.
  • Pour θ0 et a=e iθ, S a,0 est la réflexion d'axe ΔΔ est la droite passant par O et tel que ((Ox),Δ)=θ2. En effet, de S a,0(z)=e iθz¯, on tire : S a,0S 1,0=R(e iθ,0).

Exercice


Image par une rotation

II-2 Propriétés générales

Proposition

Soient a0 et b deux nombres complexes.
Les applications R a,b et S a,b multiplient les longueurs par a.
Les applications R a,b conservent les angles orientés.
Les applications S a,b transforment un angle orienté en son opposé.

Démonstration
Soient M et N d'affixes respectives z M et z N ; on note z M et z N les affixes de leurs images.
Pour les applications R, on a : z Nz M=a(z Nz M) d'où z Nz M=a×z Nz M.
Pour les applications S, on a : z Nz M=a(z¯ Nz¯ M)=a×z Nz M ¯ d'où z Nz M=a×z Nz M.
Dans les deux cas, la longueur MN est le produit de NM par a.
On suppose M et N distincts et on considère deux autres points distincts P et Q d'affixes respectives z P et z Q ; on note z P et z Q les affixes de leurs images.
Pour les applications R, on a : Argz Pz Qz Nz M=Argz Pz Qz Nz M donc les angles orientés sont conservés.
Pour les applications S, on a : Argz Pz Qz Nz M=Argz¯ Pz¯ Qz¯ Nz¯ M=Argz Pz Qz Nz M donc un angle orienté est transformé en son opposé.
Fin de la démonstration

III Isométries du plan complexe

Géométrie du plan complexe → III Isométries du plan complexe
On suppose dans cette partie que a est de module 1.
D'après la proposition , les applications étudiées sont donc des isométries.

III-1 Isométries positives

III-2 Isométries négatives

III-3 Exercices

Géométrie du plan complexe → III Isométries du plan complexe

III-1 Isométries positives

III-1-1 Etude de z=az+b

Proposition

Pour a=1, l'application R a,b est une isométrie positive.
  • Pour a=1 et b=0, R 1,0 est l'identité.
  • Pour a=1, R 1,b est la translation de vecteur b d'affixe b.
  • Pour a1, on pose a=e iθ avec θ0. Alors R a,b est la rotation de centre C d'affixe c=b1a et d'angle θ.
Pour chaque translation ou rotation, on peut trouver un couple de nombres complexes (a,b) telle que son expression complexe soit R a,b et ce couple est unique.

Démonstration
Pour l'essentiel, ces résultats ont été vus dans les exemples ici .
L'équation aux points fixes c=ac+b donne la valeur de c. Si on soustrait cette relation à z=az+b, on obtient zc=a(zc), donc R a,b est la rotation de centre C et d'angle Arg(a).
Fin de la démonstration

III-1-2 Exemple

Soit f l'application du plan complexe définie par :
f(z)=12(1i3)z+2(1+i3)
Comme f(z) est de la forme az+b avec a=e iπ/3 de module 1, f est une isométrie positive qui n'est pas une translation donc c'est une rotation.
Son centre est le point C d'affixe c vérifiant l'équation au point fixe :
c=12(1i3)c+2(1+i3)
donc C a pour affixe 4.
L'angle de f est l'argument de a=12(1i3) soit π3.
Pour conclure, f est la rotation ρ(C,π3)C le point d'affixe 4.

Remarque

Pour résoudre l'équation au point fixe, il est recommandé de savoir calculer un quotient de nombres complexes. On trouvera la méthode à cette page Quotient de nombres complexes

III-2 Isométries négatives

III-2-1 Etude de z=az¯+b

Proposition

Pour a=1, l'application S a,b est une isométrie négative.
  • Pour ab¯+b=0, l'application S a,b est une réflexion d'axe passant par le point C d'affixe b2 et faisant